Une monnaie locale à Bois-Blancs : tisser au XXIe siècle

Mondialisation, E-business, nouvelles technologies, délocalisations, Google, Amazon, rapports virtuels, nouvelles communautés, habitations solaires, déplacements doux, la Ville future…

A lui tout seul, notre singulier quartier des Bois Blancs : c’est un peu de tout cela !

7000 filateurs, tisserands, confectionneurs, mécaniciens… en 1970, 7000 acteurs du Web en 2020 !
Toujours la toile… plus tout à fait la même !

Toujours du tissage, mais plus de chaîne et trame, c’est de liens entre les habitants qu’il s’agit !

Nous ? Un petit groupe d’habitants ou d’actifs aux Bois Blancs, qui nous sommes retrouvés un soir de Mai 2015, sur le parvis d’Euratechnologies : nous venions d’assister à la projection, par le CABB, du film « Sacrée croissance! » de Marie-Monique Robin.

Film engagé… et engageant (!) qui explique en quoi les échanges, les rencontres, les liens entre les personnes vivant ou travaillant dans un même quartier peuvent être améliorés et « boostés » par l’utilisation d’une MLC… une Monnaie Locale Complémentaire.
En quoi aussi, une Monnaie Locale Complémentaire peut préserver leurs intérêts, sauver un commerce, créer de l’activité locale, aider à résister à l’écrasement par la grande distribution, sauvegarder l’autonomie des anciens, faire s’épanouir celle des plus jeunes dans des quartiers où on peut à nouveau faire ses courses à pied ou à vélo !
Tiens : écologie, économie, voisinage, entr’aide feraient bon ménage ?
Ce serait si simple ?
En papotant à la sortie du film, on s’est dit : « allez chiche, on le fait! » et nous avons donc commencé à nous réunir autour d’une bonne bière (tisane ?) pour nous pencher un peu sur ce surprenant sujet des Monnaies Locales Complémentaires.

Pour découvrir d’abord, qu’il y a plein de façons et de visions possibles pour qu’une monnaie locale apporte à son terroir, sa ville, son quartier des solutions aux difficultés d’ici et pas des réponses toutes faites, élaborées on ne sait où… pour apprendre, par exemple, qu’il en existe une à Boulogne sur Mer, depuis 2013, et qu’elle a sauvé des commerces… pour réaliser, à notre stupeur, qu’à ce jour, 43 Monnaies Locales Complémentaires fonctionnent un peu partout en France, avec des billets qu’on met dans sa poche droite quand on met les Euros dans la gauche.

Jusqu’en décembre 2015, nous sommes donc surtout « allés à l’école », béotiens que nous étions sur le sujet !
Nous avons tous vu, et plusieurs fois (!), « Demain », un autre film qui fait une large part à ce moyen d’une monnaie locale pour apporter des solutions locales. En octobre, la Ville de Lille a organisé une soirée; puis c’est la Métropole Européenne de Lille qui y a consacré une pleine journée. Nous avons commencé timidement à participer à des débats.

De toute évidence, c’est normal que le sujet ait le vent en poupe : se donner un moyen de redonner du sens et de la valeur à la vie de son quartier et qu’en plus il nous rapporte ! çà vaut le coup d’essayer de comprendre, çà vaut le coup de s’y engager !

Pour ce qui est de la « mécanique », la convertibilité avec l’€, le périmètre de fonctionnement, la garantie de l’Etat, la validité pour telle ou telle dépense, la question de recevoir un paiement ou une petite part de son salaire en MLC plutôt qu’en € – comptez d’abord 30 à 40 minutes, laissez infuser et revenez pour quelques questions ou précisions : encore une demi-heure et vous serez au niveau.

Pour les effets sur la vie de tous les jours : ne comptez surtout pas ! Créez ! Proposez ! Participez !
Là où les monnaies locales se développent c’est l’imagination qui est au pouvoir pour que les bénéfices s’ajoutent aux bénéfices : un commerce est sauvé, d’autres réouvrent, un peintre embauche, une association de soutien scolaire est encouragée, un réseau de soutien s’organise pour des anciens qui décident de vieillir « chez eux »…

Chez nous, la « Monnaie d’Echanges Locaux » la MEL – c’est ainsi qu’elle pourrait s’appeler – va bientôt naître et ce sera à nous tous de la faire grandir, dans toutes nos « dimensions » : citoyens, consommateurs, commerçants, entrepreneurs, retraités, et même administrations. Et ce sera sous la protection des « institutions garantes » : la Métropole Européenne de Lille et un établissement financier de référence.

Quand l’objectif sera atteint, et que la validité de la MEL se sera étendue à tout le territoire de la communauté urbaine (1 100 000 habitants !), notre apport et notre fierté, à nous habitants des Bois Blancs, devra être que nous aurons été parmi les premiers à contribuer à ce que cette monnaie, dans nos poches ou nos portefeuilles, soit devenue le moyen d’une citoyenneté revitalisée. Non pour s’opposer aux évolutions technologiques et à un monde ouvert mais pour permettre et même garantir qu’il reste aussi à taille humaine.

Pourquoi ne pas nous rejoindre dès maintenant ?